aventure en kayak

Samedi 18 octobre 2008 6 18 /10 /Oct /2008 18:30
Un lundi matin, comme de nombreux autres, intemporel, répétitif.
J'arrive au boulot, après ce TGV de gens fatigués, après ce métro d'énervés, cette traversée de rues tristes. Un journal sur une table, une photo qui accroche mon regard : un paysage grandiose avec au premier plan un kayak, en titre : "évadez-vous dans l'ouest canadien".
Commentaire du journaleux, "un canoé dans l'ouest canadien...".Décidément certains ne feront jamais la différence entre un canoé et un kayak, même les journaleux...
Je cogite depuis de nombreux mois mon évasion, une vraie évasion pour quitter quelque temps ce monde de surfaits, de citadins attachés à leurs apparences.
J'arrive de la côte tous les jours pour ce travail au coeur de la misère d'une grande ville.
Mes évasions, fusibles nécessaires, sont ces week-ends passés en mer.
Mon kayak de mer est équipé pour aller loin, il  est mon complice inséparable qui me permet de franchir la frontière de la plage.
Un vieux kayak, oublié, abandonné, que j'ai refait, à qui j'ai redonné sa dignité, qui ne me fait jamais faux bon, même quand j'ai peur de la mer, des vagues.
Un vieux kayak, fier, qui fend l'eau, son étrave est puissante, je vole, surf, vis, enfin.
Les inuits construisaient leurs kayaks autour du corps du
  futur propriétaire.
L'homme devenait un amphibien, transformé
pour aller sur l'eau. Son kayak ne pouvait s'échanger, il devenait ses
 membres, ses jambes, ses bras. La magie opérée, il partait à la découverte d'autres territoires, d'autres dangers.
Un risque accepté, dans un univers nouveau, bordé d'incertitude et d'inconnu.

Le téléphone sonne, la journée commence, je découpe la photo, e
lle ne mérite pas de finir dans la poubelle "citadine".

A force et à force d'à force, mon évasion se matérialise, Spitzberg, Mer de Norvège, Lofoten, tout cela est flou.
J'ai acheté une carte de Norvège, ressorti un livre de Kim Hafez, l'ai relu et rerelu.
Ma destination sera le Cap Nord, pour redescendre sur les Lofoten.

Affaire à suivre...


En attendant, je dois survivre, les évasions
deviennent nécessaires, après-midis pris, volés.
Je quitte la folie des hommes, le TGV devient "Magique", je me dépêche d'enlever mes fringues du quotidien, enfile un vieux jean, un vieux pull, charge mon "kayak magique", un short, le matos et je file
. On croirait un bébé tortue qui se dépêche de rejoindre la mer, et d'échapper aux  prédateurs...Un lundi matin, comme de nombreux autres, intemporel, répétitif.
J'arrive au boulot, après ce TGV de gens fatigués, après ce métro d'énervés, cette traversée de rues tristes. Un journal sur une table, une photo qui accroche mon regard : un paysage grandiose avec au premier plan un kayak, en titre : "évadez-vous dans l'ouest canadien".
Commentaire du journaleux, "un canoé dans l'ouest canadien...".Décidément certains ne feront jamais la différence entre un canoé et un kayak, même les journaleux...
Je cogite depuis de nombreux mois mon évasion, une vraie évasion pour quitter quelque temps ce monde de surfaits, de citadins attachés à leurs apparences.
J'arrive de la côte tous les jours pour ce travail au coeur de la misère d'une grande ville.
Mes évasions, fusibles nécessaires, sont ces week-ends passés en mer.
Mon kayak de mer est équipé pour aller loin, il  est mon complice inséparable qui me permet de franchir la frontière de la plage.
Un vieux kayak, oublié, abandonné, que j'ai refait, à qui j'ai redonné sa dignité, qui ne me fait jamais faux bon, même quand j'ai peur de la mer, des vagues.
Un vieux kayak, fier, qui fend l'eau, son étrave est puissante, je vole, surf, vis, enfin.
Les inuits construisaient leurs kayaks autour du corps du
  futur propriétaire.
L'homme devenait un amphibien, transformé pour aller sur l'eau. Son kayak ne pouvait s'échanger, il devenait ses membres, ses jambes, ses bras. La magie opérée, il partait à la découverte d'autres territoires, d'autres dangers.
Un risque accepté, dans un univers nouveau, bordé d'incertitude et d'inconnu.

Le téléphone sonne, la journée commence, je découpe la photo, e
lle ne mérite pas de finir dans la poubelle "citadine".

A force et à force d'à force, mon évasion se matérialise, Spitzberg, Mer de Norvège, Lofoten, tout cela est flou.
J'ai acheté une carte de Norvège, ressorti un livre de Kim Hafez, l'ai relu et rerelu.
Ma destination sera le Cap Nord, pour redescendre sur les Lofoten.

Affaire à suivre...


En attendant, je dois survivre, les évasions
deviennent nécessaires, après-midis pris, volés.
Je quitte la folie des hommes, le TGV devient "Magique", je me dépêche d'enlever mes fringues du quotidien, enfile un vieux jean, un vieux pull, charge mon "kayak magique", un short, le matos et je file
. On croirait un bébé tortue qui se dépêche de rejoindre la mer, et d'échapper aux  prédateurs...

Il y a de ça, je qu
itte l'agressivité, la frime, les petits cons à casquette, la ville.
Je
passe les premières vagues, barrière au monde terrestre, dirige la pointe de mon kayak sur mon cap : le large.
Deux heures à lutter, à cinq milles de la côte, le vent, la houle, je suis en sécurité, humble et  fragile, minuscule et puissant.
Je chante, je hurle à la vie...
Je rentre à la presque nuit, fatigué, heureux.

Chouette évasion.

Des images plein la tête, des photos que j'aurai pu prendre.
Des images que je ferai les prochaines fois, rien que pour la joie de les partager.

Je repars le lendemain, un matin froid, avec mes fringues du quotidien, ces gens tristes et fatigués.

Le projet prend forme, j'ai acheté un cahier, note, colle des cartes, des photocopies, collectionne des adresses.
Le dossier rédigé est expédié, de l'aide, un coup de pouce, j'ai deux années pour le réaliser. Je partirai en mai 2010.
Mon kayak actuel ne pourra être mon compagnon, pas adapté, j'ai besoin d'un kayak avec un volume de charge important, 4 semaines de vivres, duvet, tente, réchaud, vêtements, la liste est complète, le matériel est choisi.
Le kayak aussi, Bélouga est son nom, PLASMOR ses parents, je l'adopte, l'éduque et souhaite en faire mon compagnon d'évasion, naviguer en Arctique signifie plein de choses, la première, avoir confiance en son embarcation.
Affaire à suivre...
J
e pratique le kayak depuis l'âge de douze ans, passage en club, compétitions, haut niveau. Championnats, travail, préparation, kayak passion, kayak obligation. Bassins d'eau vive, slalom, descente, stress...
Kayak entre copains.
Le kayak de mer viendra bien plus tard, il sera le moyen de découvrir une façon de vivre en nomade, d'aller d'îlots en îlots, de découvrir la Bretagne, la mer.
Il se transforme petit à petit en jeu alors qu'il était devenu un devoir.
Des images plein la tête :
La photographie, même sans appareil, c'est cette faculté de garder en mémoire des instants, des lumières, une ambiance.
Je travaille avec l'image depuis toujours et c'est devenu une passion.
Chaque évasion que je fais reste gravée de quelques souvenirs, un album photo que j'entretiens dans ma tête, mais que je ne peux partager. C'est peut être ça la différence, car les images sont les mêmes.
Des images à venir, motivation aussi de ce voyage en mer de Norvège, à la rencontre de paysages, d'ambiances et de lumières inhabituelles. Témoignage ou partage?
Le matériel emporté se décompose en essentiel. Dans l'essentiel, du matos de photo et vidéo.


L'eau vive :
Similitude entre torrent et mer, je ne sais pas encore, à part les différences que tout le monde peut citer, il y en a certainement. Dans tous les cas l'eau vive m'a beaucoup donné, sur certains passages en mer en courant de marée, hormis le repère de la berge, je navigue comme en eau vive, recherche la vague de courant, fait des bacs. Je ne l'explique pas, c'est une sensation que j'éprouve.
Le bateau réagit pourtant différemment, c'est une histoire de contexte, une histoire d'adaptation.
Adaptation est le mot, le kayak à l'origine était une embarcation de mer, déclinaison au fur et à mesure des "tendances et loisirs", il est devenu un sport d'eau vive.
Extrême pour certains, promenade sportive pour d'autres, le dernier tiers parle de canoé...
La sensation reste identique, le bateau change, redevient comme à l'origine : étravé, avec une forme "mer" que l'on retrouve à travers les siècles.
Le kayak d'eau vive s
'affine pour la compétition, prend du volume pour la grosse rivière, se rétrécie' se transforme en "babouche" pour l'évolution en vague de rivière.
Le kayak de mer lui ne change pas, sa carène peut se modifier, mais il reste tel que les inuits l'avait pensé, ses formes sont originelles pour les puristes.
J'ai évolué en eau vive sur des kayaks de slalom et de descente, logique de navigation différente mais recherche de la performance identique.
Peut-être que c'est ça, la performance, le toujours plus que j'ai quitté...

Rencontre inattendue  :
Samedi matin, les premières gelées, ce soleil présent, lumineux, qui réchauffe.
Je sors le kayak par un vent de nord ouest, force 3 à 4. Les vagues sont écrasées.
Je savoure ce moment de glisse où le bateau avance, nez devant dans ce clapot.
Surgissent les habitués de la baie, une colonie d'une dizaine de phoques, joueurs, avec ce regard touchant qui ne semble pas oublier le mal que l'homme leur fait.
Ils jouent, sautent  comme au cirque, sans dresseur, sans punition, sans bâton, sans fouet.
Ils s'approchen
t du kayak, il n'y a pas si longtemps, il symbolisait la chasse, la mort.
Je préfère ne pas les habituer à ma présence.


Dommage, je traîn
e cette réputation d'humain, de prédateur, de destructeur, autant qu'ils continuent à se méfier.
Dans d'autres pays, la chasse au phoque est toujours un loisir....
Je respecte leur terrain de jeu, je suis un intrus et préfère filer mon cap et m'éloigner.
J'irai les photographier de la plage.










Par laurent Jeandel - Publié dans : aventure en kayak - Communauté : Aventures en kayak
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Lundi 3 novembre 2008 1 03 /11 /Nov /2008 13:07
Malgré la volonté, monter un projet de voyage sur une durée de trois mois n'est pas facile. Les finances commandent décidemment tout en ce monde, j'envoie des tonnes de dossiers, il faut convaincre, séduire pour trouver l'aide qui rendra possible ce rêve. Le tout est peut-être simplement d'y croire...
Le Cap Nord, apparemment un lieu un peu paumé qui n'intéresse pas beaucoup de voyagistes, y aller seul, ça parait déja compliqué mais accompagné de 150 kg de matériel et un kayak de pratiquement 6 mètres de long, c'est très compliqué.
Même louer un véhicule...
Je recherche des idées, des contacts, je comprends Kim Hafez, il est parti du Havre en kayak. ..
Journée grise  de novembre, soleil furtif suffisant pour vagabonder en mer, je fixe mon cap à la bouée cardinale nord, en gros 5 milles à couvrir, mer plate, très peu de vent, pas de surprise météorologique à venir.
Je profite de cette journée de grève SNCF, merci les syndicalistes d'oeuvrer pour ma cause, d'autant plus que cette journée sera prise sur mes précieux congés.
Malgré la fatigue de la semaine, des semaines précédentes, la fatigue de ce travail que ne m'intéresse en rien, j'éprouve un certain plaisir à naviguer, plus qu'un plaisir, je m'évade encore une fois.
19 heures, il fait noir, je rentre, guidé par les lumières du village côtier, je regagne mon nid familial, difficile de faire comprendre que mes envies ne sont pas sur le quotidien actuel, et que ma vie ne se résume pas au traditionnel train, métro, boulot et rêve...
Par laurent Jeandel - Publié dans : aventure en kayak - Communauté : Aventures en kayak
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Dimanche 16 novembre 2008 7 16 /11 /Nov /2008 18:24
 
7 H30, dimanche matin, gris, froid : vent de nord...
En prenant en compte ma semaine passée et ma semaine à venir, je n'aurai que cet espace temps pour mon évasion, j'y vais.

Mon kayak est à l'arrière de la voiture, je roule coffre ouvert, dans l'euphorie des vapeurs de diésel, mon embarcation dépasse de plus d'un mètre cinquante, je n'ai pas le courage de monter la galerie.
 
Etale de basse mer, le paysage est transformé, des iles sont nées pendant la nuit, de la roche, un archipel inconnu, et du monde, plein de voitures sur le parking.
Des roches foncées, surgissent des tâches, blanches, jaunes : les fidèles cueilleurs des grandes marées.
Les côtes anglaises sont là, lumineuses, comme pour nous narguer de ce soleil absent.
 
 La navigation ne semble pas évidente, pas mal de moutons sur l'ensemble de mon champ de vision.
J'embarque, patauge dans le premier "lagon" et entre en mer, les premières vagues sont violentes, je laisse mon appareil photo de côté et décide plutôt de me consacrer pleinement à mon équilibre.
L'eau n'est pas froide, pourtant le petit choc thermique me glace, je n'ai pas envie d'une baignade forcée.
Chaque coup de pagaie est pensé, en force et assurance.
A un mille des côtes, la récompense, le paysage est fabuleux, du sombre obscur marin...
Je n'aperçois même plus l'armée de tâches multicolores sur l'estran découvert, pourtant, je soupçonne une activité intense de ramassage et de cueillette.
J'ai mis le cap au nord, face au vent, mon kayak est ardent en cap, pour revenir, je n'aurai plus ce bénéfice mais profiterai des vagues, et du courant, ça risque d'être un peu plus chaud, on verra bien.

Personne sur l'eau, à part les ferries, quelques cargos.
Mon objectif est la bouée de large du Blanc Nez, enfin, c'est
l'objectif à atteindre, car en voyant les conditions, je commence à me poser des questions.

Le courant semble plus fort, pas étonnant, coef de 110.
Je décide de continuer encore sur ce cap pendant 30 minutes, me fixe la perpendiculaire d'un amer, et je tournerai l'étrave.
 
Le retour est effectivement chaud, les surfs sont impressionnants, les vagues dépassent les deux mètres, autrement dit : j'ai la trouille.
Je n'ai même pas la visibilité de la côte et puis même, si je la voyais, je n'ai pas le temps de l'admirer,  je suis trop occupé à donner de la puissance au bateau.
Je vois défiler mon cap, suivant les surfs, je décide des dérives "stratégiques", ce qui m'éloigne plus de la côte.
A chaque jugé de distance, je me demande si c'est le bon choix. Esquimauter en cas de "baignade", même si cette manoeuvre est assurée à cent pour cent, n'est pas une finalité, une navigation qui n'entraîne pas le risque de se "mouiller " est pour moi, la meilleure technique.

Je retrouve la côte, mes alignements, le Gris Nez, les Crans, et les tâches multicolores.
Des rouleaux se sont formés, une barrière qui m'empêche d'attérir.
J'attends, patiente, et fonce.

     Les cueilleurs me regardent, ils se demandent de quel endroit j'arrive.
    Je débarque sous leur regard interrogatif, j'ai l'impression de venir de Jupiter.
    Je regagne ma voiture, kayak sur l'épaule, ce bateau est vraiment magique...



















Par laurent Jeandel - Publié dans : aventure en kayak - Communauté : Aventures en kayak
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Vendredi 28 novembre 2008 5 28 /11 /Nov /2008 21:24

 

Depuis des siècles, les marins des côtes nord de la Norvège naviguent depuis la mer de Barens jusqu'aux Lofoten. Le but n'étant pas évidemment le voyage d'agrément, mais bien pour gagner leur  vie, en suivant les colonnies de morues qui se dirigent avec les courants chauds du Gulf Stream vers les eaux de l'archipel des Lofoten.

 

 

Ces marins se déplaçaient sur le sillage des bancs de poissons. Avec la diminution des ressouces marines, cette pêche demeure encore une des principales activités des îles Lofoten.

Depuis le départ de Honnigsvald, les cadres de bois de séchage sont disséminés sur la côte, avec les villages et communautés de pêcheurs.

Le légendaire Maelstrom des Lofoten inspire Jules Verne dans son Voyage au centre de la terre, ainsi qu'Edgar Allan Poe dans Descente dans le maelstrom.

Situé entre l'île de Vaeroy et Mosten, le Moskenstraumen est un puissant courant de marée, formant des tourbillons a "noyer les baleines".


..."là, le vaste lit des eaux, sillonné et couturé par mille courants contraires, éclatait soudainement en convulsions frénétiques, - haletant, bouillonnant, sifflant, pirouettant en gigantesques et innombrables tourbillons, et tournoyant et se ruant tout entier vers l'est avec une rapidité qui ne se manifeste que dans des chutes d'eau précipitée... - ...la gueule du terrible entonnoir, dont l'intérieur, aussi loin que l'oeil pouvait y plonger, étaitfait d'un mur liquide, poli, brillant et d'un noir de jais, faisant avec l'horizon un angle de 45 degrés environ, tournant sur lui-même...-... Il arrive que des baleines viennent trop prés du courant et sont maîtrisées par sa violence; et il est impossible de décrire leurs mugissement et leurs beuglement...- ... Un fois, un ours, essayant de passer à la nage le détroit entre Lofoten et Moskoe, fut saisie par le courant et emporté au fond ; il rugissait si effroyablement qu'on l'entendait du rivage..."

 

La description d'Edgar Allan Poe est inquiétante, et les courants de marais réels, ce qui me rassure, c'est que je ne suis ni une baleine, ni un ours....

 

 

La côte est bordée de cabanes traditionnelles d'hiver, certaines ont été reconverties en "chambre d'hôte" de luxe.

Néanmoins, la côte reste un des endroits des plus sauvage, avec une faune et une flore exceptionnelles.

Si le tourisme est assez présent aux endroits accessibles, ce trajet est un bon moyen d'être coupé du monde et de vivre pleinement son aventure, en évitant le Moskenstraumen.

 

Quant à mon kayak de mer, c'est le véhicule adapté au vagabondage côtier, passe-partout, véritable vtt de la mer, je sortirai du circuit traditionnel de l'express côtier de Norvège, en bref, là où je vais, je serai seul.

 

De Mai à fin juillet 2010, je partirai de Honningsvald, pour contourner ce lieu mytique du Cap Nord et rejoindre trois mois plus tard, Narvik, ville aux infrastructures industrielles lourdes, vapeurs et poussières d'affreuses installations sidérurgiques, et Bodø, avec son fameux maelstrom, curiosité touristique locale. Navigation en pays viking, parait-il que l'on croise encore des drakkars, inofensifs cette fois-ci!

 

Depuis mon droit de rêver, le projet est devenu une certitude, mon congé sans solde est posé.

 

 

 

Pendant trois mois, quatre cent euros en poche, ma tente, mon duvet, mon kayak, les deux compartiments bourrés de nourriture (4 à 5 semaines environ), un réchaud à bois, une traîne de pêche, des vêtements chauds, j'en passe et des meilleurs...

 

La mer, l'eau froide dans la tronche, le soleil, les angoisses de la météo, le froid, la solitude, la beauté des paysages, mon appareil photo, mon kayak, voler un peu de territoire aux habitants en droit : oiseaux, poissons, mammifères, plantes, fleurs, voilà mon programme.

 

 

 

Certains parlent du virus de l'esquimau, il est vrai que de nos jours, nous manquons tellement de repères que la recherche d'identité ancestrale ou mieux mystique, satisfait les rêveurs et navigateurs de juillet.
Pour ma part, je ne connais pas d'esquimau, je n'en ai pas non plus dans ma famille, je n'en ai même pas croisé,
je navigue en kayak depuis l'âge de douze ans. Certains font du foot, d'autres du judo, moi du kayak.

L'esquimau, lui , n'avait pas le choix, le kayak représentait la survie "alimentaire", le moyen de pêcher au large, parce qu'à terre, c'était soit se faire bouffer par un ours, ou déguerpir pour pêcher.

 

Nous, nous avons tous les choix, le confort des supermarchés, les loisirs...
LOISIR, mot nouveau de notre génération, on s'emmerde tellement au boulot qu'il faut un loisir, un peu comme un apport de vitamines manquantes à notre alimentation.
Par contre j'ai cet amour pour la mer, le kayak de mer, car très jeune, ce petit rafio en résine a représenté un moyen de sortir d'une enfance triste...
Un statut, une reconnaissance que j'ai eu grâce au kayak.
Une découverte du milieu marin différente, une approche de la vie de nomade.
Le vrai nomade n'a pas de congés payés, le risque contraint de nos inuits "carte postale", n'est pas à notre portée, nous ne pourrions y survivre.
Aussi, est-il bon de le dire, pendant mon séjour en arctique, seul, barbu, sale, vagabond... je n'ai pas l'obligation de partir pêcher pour nourrir ma famille.

Mon "aventure", reste un loisir de trois mois, avec un risque accepté, mais pas celui de laisser ma famille périr dans l'igloo.

 

Je rentrerai chez moi, fin juillet, pour faire mes courses au supermarché.


 

Décembre 2008

Ca y est, mon BELOUGA PELICAN est commandé, il sera construit pour mai 2009, blanc, liseré rouge comme tous mes bateaux.

Cela valait le coup de se taper Paris en voiture, plus de 600 bornes aller-retour sous le brouillard. Le pire, c'est Paris, les bouchons sur le périf, les travaux, les parigos en voiture... C'est vraiment pas mon monde, déja que je ne supporte pas Lille.

Mais le rendez-vous était donné au salon nautique, il faut dire maintenant le "nautic", ça fait plus bien mieux.

J'attends ma carte de la Mer de Norvège, carte marine évidemment.

 

 

Février 2009

Naissance du Bélouga, fraichement sorti du moule, il hurle déjà, réclame de l'espace, de l'air, de la mer...

Livraison comme prévue, fin avril, peut-être avant.

PLASMOR, m'a envoyé des photos, elles sont déja imprimées, dans un album.

En attendant, je stocke de la nourriture, en faisant attention aux dates... Il faut que j'arrète cette collection de paquets de pâtes, de riz, de bouillons cubes, chocolat, sardines...

Mes dossiers sont en attente de décision, c'est long et les réponses tardent.

Inquiet ou serein, je ne sais plus : de toutes façons, je partirai.

 

Autant rêver devant les photos du bateau, je ne le verrai plus ainsi... Peut-être sera -t-il le compagnon de grands plaisirs à partager, de galère aussi. Le tout est d'avoir confiance et de ne pas se faire un cinéma sur d'hypothétiques scénarios.

Dans quelques jours, il sera terminé, remisé en attendant que je vienne le délivrer...

 

 

Mars 2009 

Un article sur La Guilde, ça fait plaisir :

http://aventure.la-guilde.org/spip.php?article1035

 

Avril 2009

Un article sur la Voix du Nord, ça fait aussi plaisir.

Mon Belouga Pélican attend toujours, il est fini, je ne pouurai pas le ramener avant mai...

 

 Mai 2009

 

  Ca y est, je parts demain à Vannes chercher mon Belouga, et puis je ferai un peu de navigation dans le golf du Morbihan avant de rentrer.

Mars 2010

 

A quelques semaines du départ, Le bateau a été testé cet été et puis les navigations se sont accumulées depuis. C'est un bateau stable, que l"on peut charger, avec une glisse assez surprenante. Il tape un peu en vagues mais cet effet de carène s'estompe avec la charge bien répartie. Par gros temps, c'est un kayak qui rassure. J'ai presque tout le matériel, il me manque la tente , un deuxième réchaud, la cellule solaire, un sac de pont avant, des sacs étanches, un deuxième duvet, un moyen de communication, la deuxième caméra embarquée. Pa rapport à l"ensemble du matériel déja en possession, c'est presque "rien", mais cela représente encore des achats conséquents : j'attends fortement une aide. Malgrés les dossiers envoyés depuis deux ans, frilosité générale, peut-être normale au début car ce projet n'était pas connu. Avec tous les articles de presse, les choses vont peut-être bouger.

 

Dans tous les cas, je remercie toutes les personnes qui ont répondu même négativement, mais par contre, je ne ferai aucun cadeau à ceux qui, au bout de plusieurs envoies de dossiers, sont toujours restés dans l'ignorance du périple; non pas parce qu'il ne m'ont pas aidé, mais plutôt parce qu'ils n'ont pas daigner m'adresser une réponse.

 

 

 

 

Si il ya quelques temps la solution transport était de l'ordre de la quête du Saint Graal, il manquait à cet effet l'illumination, l'idée. La location de voiture?, par avion?, par mer?, transport routier?, lama express?....Tout trop coûteux, risqué....

Fourgon et remorque, voilà mon lamaexpress, de plus le fourgon aménagé permettra une arrivée plus sereine, ce ne sera pas le 4 étoiles, mais bon, mon travail jusqu'au départ sera de transformer mon Ford Transit en camping car douillé.

Rassuré aussi au niveau démarches, si l'ambassade Royale de Norvège est restée muette, le Consulat de Norvège m'a bien aidé.

Côté photo, vidéo, c'est presque "bordé", deux numériques en trés haute définition permettant l'édition de qualité par la suite, un terrestre, l'autre dans un caisson étanche.

Côté vidéo, il me manque encore une "paluche" étanche, l'idéale serait deux caméras. Confiance, confiance.

 

Enfin le départ :

J'ai hâte d'être sur l'eau, les dernières semaines m'ont "rincées", j'ai même failli tout laisser choir. Gros problème de finance, ce budget que je n'arrive pas à boucler.

Le Conseil Général m'aide, c'est génial d'avoir son soutien, malgré cela les sponsors manquent. Et puis les mauvaises surprises s'entassent à ma porte avec un sponsor qui déclare forfait, il me suivait depuis un an, au moment de me verser les sous dont j'avais besoin pour le dernier achat de matériel.... 

 

Un grand merci au Conseil Général du Pas-de-Calais, à Didier et Jean-Marie qui ont cru au projet.

Un grand merci à Cédric, Cedelio, une petite boîte avec un greand coeur!

Un Grand merci à GoSport de Calais, Matthieu et toute l'équipe, c'est grâce à vous que j'aurai bien chaud au bivouac!

Un Grand merci à Michel Boisset, c'est grâce à toi que j'aurai de l'électricité!

Un grand merci à Sylvain de Maio,

Un Grand merci à Laurent M. je ne mets pas ton nom, mais tu as su m'encourager!

Un Grand merci à Héloïse L.

Grand merci à Luisella, Philippe, François...

.....

 

 

 

 

 

 

 

 

 

..

Par laurent Jeandel - Publié dans : aventure en kayak - Communauté : Aventures en kayak
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Vendredi 3 juillet 2009 5 03 /07 /Juil /2009 14:25

Premier jour de juillet, au large de Wissant en alignement des 2 Caps, à la verticale de Strouane : je navigue dans mon Bélouga, en bordure du contre du jusant. Depuis une demi-heure, ma traîne est à l'eau, je peste car elle s'est coincé dans le bras du safran.



Une nageoire ressort de l'eau, assez haute car je l'a distingue dans le clapot de houle, on dira it même que l'animal me fait signe de venir...


Je détourne ma route pour croiser « celle de la nageoire aguicheuse ».

La forme est bizarre, ronde, pas de caudale, de grande nageoire, il est couché sur le côté, la taille... une roue de voiture. Il avance, descend, remonte, dépasse la tête hors de l'eau et se laisse ainsi dériver. 

Je pense aussitôt à ma traîne, j'espère sincèrement que ce poisson lune n'a pas mordu, je préfère vérifier et faire un 180° afin que la traîne soit devant lui, dans le sens du courant.

Je reste ainsi à dériver avec lui, à un bon mètre de mon livet, en traction sur la pagaie du côté opposé à ce poisson rigolo. Comme à chaque rencontre, je garde les distances, quitte à réagir si un « rapprochement » s'opère.

Je me déclare comme représentant de la race humaine, donc nuisible à toute vie « animale ». Vraiment dommage, comme avec les phoques, cette complicité d'un moment ne doit pas devenir une habitude pour ces habitants des mers. D'autres rencontres humaines sont certainement moins amicales.

Le poisson lune est interdit à la vente en Europe, paraît-il, mais il fait quant même parti des poissons que le plaisancier du dimanche ramènera, fier de sa prise et de sa démonstration intélligente de sa suprémactie.

Je décide de rompre cet instant privilégié, j'ai surtout peur que ma traîne vienne un moment ou un autre trop au devant du poisson lune.

Je dénage sur le côté et lui dit adieu, il me fait signe de sa nageoire, j'en profite pour lui dire d'être plus méfiant, « à la prochaîne barquasse en approche, tu plonges, tu t'éloignes, et tu évites les gourmandises colorées dans l'eau... » Eh oui, j'avais cette traîne, pourtant avec déjà plein de poissons dans le congélo, je jouais à l'humain.

Par laurent Jeandel - Publié dans : aventure en kayak - Communauté : Aventures en kayak
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