Dimanche 16 novembre 2008 7 16 /11 /Nov /2008 18:24
 
7 H30, dimanche matin, gris, froid : vent de nord...
En prenant en compte ma semaine passée et ma semaine à venir, je n'aurai que cet espace temps pour mon évasion, j'y vais.

Mon kayak est à l'arrière de la voiture, je roule coffre ouvert, dans l'euphorie des vapeurs de diésel, mon embarcation dépasse de plus d'un mètre cinquante, je n'ai pas le courage de monter la galerie.
 
Etale de basse mer, le paysage est transformé, des iles sont nées pendant la nuit, de la roche, un archipel inconnu, et du monde, plein de voitures sur le parking.
Des roches foncées, surgissent des tâches, blanches, jaunes : les fidèles cueilleurs des grandes marées.
Les côtes anglaises sont là, lumineuses, comme pour nous narguer de ce soleil absent.
 
 La navigation ne semble pas évidente, pas mal de moutons sur l'ensemble de mon champ de vision.
J'embarque, patauge dans le premier "lagon" et entre en mer, les premières vagues sont violentes, je laisse mon appareil photo de côté et décide plutôt de me consacrer pleinement à mon équilibre.
L'eau n'est pas froide, pourtant le petit choc thermique me glace, je n'ai pas envie d'une baignade forcée.
Chaque coup de pagaie est pensé, en force et assurance.
A un mille des côtes, la récompense, le paysage est fabuleux, du sombre obscur marin...
Je n'aperçois même plus l'armée de tâches multicolores sur l'estran découvert, pourtant, je soupçonne une activité intense de ramassage et de cueillette.
J'ai mis le cap au nord, face au vent, mon kayak est ardent en cap, pour revenir, je n'aurai plus ce bénéfice mais profiterai des vagues, et du courant, ça risque d'être un peu plus chaud, on verra bien.

Personne sur l'eau, à part les ferries, quelques cargos.
Mon objectif est la bouée de large du Blanc Nez, enfin, c'est
l'objectif à atteindre, car en voyant les conditions, je commence à me poser des questions.

Le courant semble plus fort, pas étonnant, coef de 110.
Je décide de continuer encore sur ce cap pendant 30 minutes, me fixe la perpendiculaire d'un amer, et je tournerai l'étrave.
 
Le retour est effectivement chaud, les surfs sont impressionnants, les vagues dépassent les deux mètres, autrement dit : j'ai la trouille.
Je n'ai même pas la visibilité de la côte et puis même, si je la voyais, je n'ai pas le temps de l'admirer,  je suis trop occupé à donner de la puissance au bateau.
Je vois défiler mon cap, suivant les surfs, je décide des dérives "stratégiques", ce qui m'éloigne plus de la côte.
A chaque jugé de distance, je me demande si c'est le bon choix. Esquimauter en cas de "baignade", même si cette manoeuvre est assurée à cent pour cent, n'est pas une finalité, une navigation qui n'entraîne pas le risque de se "mouiller " est pour moi, la meilleure technique.

Je retrouve la côte, mes alignements, le Gris Nez, les Crans, et les tâches multicolores.
Des rouleaux se sont formés, une barrière qui m'empêche d'attérir.
J'attends, patiente, et fonce.

     Les cueilleurs me regardent, ils se demandent de quel endroit j'arrive.
    Je débarque sous leur regard interrogatif, j'ai l'impression de venir de Jupiter.
    Je regagne ma voiture, kayak sur l'épaule, ce bateau est vraiment magique...



















Par laurent Jeandel - Publié dans : aventure en kayak - Communauté : Aventures en kayak
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